Les nuisibles sont un sujet que chacun voudrait éviter. La culture de la prévention a progressé ces dernières années, mais les interventions restent majoritairement réactives : on agit quand le problème est là.
C'est le premier point à comprendre. Pour la plupart des espèces commensales, l'élimination totale est irréaliste : un environnement favorable sera recolonisé. L'objectif professionnel n'est pas l'extermination mais le maintien sous un seuil acceptable.
Dans l'élevage et l'agroalimentaire, les proliférations les plus courantes concernent les mouches, les charançons et les rongeurs. Dans l'habitat : les rongeurs, les fourmis, les blattes, les punaises de lit et, à l'extérieur, les guêpes et les frelons.
Elle se ramène à trois privations. Retirer la nourriture : denrées en contenants hermétiques, poubelles fermées, gamelles d'animaux rentrées le soir, composteur bien géré. Retirer l'eau : fuites réparées, coupelles vidées, gouttières dégagées.
Et retirer l'abri et les accès : boucher les passages avec de la laine d'acier ou du grillage fin, une souris passe par un trou de six millimètres, poser des grilles sur les aérations, dégager les abords des murs, ne pas stocker de bois contre la façade.
Ces mesures paraissent modestes et elles font davantage que n'importe quel traitement : un traitement sans suppression des ressources ne produit qu'un répit.
La taupe est un insectivore, non un rongeur : elle ne mange ni les bulbes ni les racines. Elle consomme des vers, des larves, des insectes, dont plusieurs ravageurs. Les dégâts qu'on lui reproche sont indirects : les taupinières abîment la pelouse et les galeries déchaussent les racines.
Sa présence signale d'ailleurs un sol vivant et bien pourvu en vers de terre, ce qui est plutôt bon signe pour un jardin.
Les méthodes de dissuasion, appareils vibratoires, plantes répulsives, purins, donnent des résultats très inconstants dans les essais. Le piégeage reste la méthode la plus efficace, et il est réglementé. Les produits toxiques, eux, ont été largement retirés du marché pour les particuliers, comme la plupart des pesticides.
Une remarque utile : une taupe occupe un vaste réseau de galeries seule ; un jardin qui semble envahi abrite le plus souvent un ou deux individus.
C'est le point que les particuliers ignorent le plus souvent. Toutes les espèces de chauves-souris sont intégralement protégées en France : il est interdit de les détruire, de les déranger et de détruire leurs gîtes. Découvrir une colonie dans un comble n'autorise pas à la chasser, même pendant des travaux.
Il en va de même pour les hérissons, les écureuils, la plupart des oiseaux et leurs nids en période de reproduction. Les groupes naturalistes régionaux conseillent gratuitement, et posent au besoin des gîtes de substitution.
Le propriétaire doit délivrer un logement décent, exempt d'infestation d'espèces nuisibles et de parasites. Depuis plusieurs années, la lutte contre les punaises de lit fait l'objet de dispositions spécifiques, et le locataire ne supporte pas les frais lorsque l'infestation préexistait à son entrée.
En copropriété, la dératisation des parties communes relève du syndicat ; c'est un point à faire inscrire à l'ordre du jour plutôt qu'à traiter individuellement, car un traitement partiel déplace le problème d'un lot à l'autre.
Trois vérifications : le certificat individuel exigé pour l'application de produits biocides, l'assurance professionnelle, et un diagnostic écrit avant traitement. Un intervenant sérieux commence par identifier l'espèce et les points d'entrée, et propose des mesures de prévention en plus du traitement. Celui qui applique un produit sans diagnostic vend un répit, pas une solution.